Préparation et participation à une course de traineau de longue distance en Norvège en 2013 : la Finnmarkslopet 500
13 Novembre 2012
Une petite définition pour commencer : le handler est la petite main du musher (voire son bras droit !), l'équivalent du palefrenier chez les chevaux. C'est celui qui aide le musher à entrainer, nourrir et soigner les chiens en période d'entrainement ; qui prend en charge les chiens retirés de l'attelage et approvisionne les check-points sur les courses.
Handler de François depuis plus de sept ans, je le seconde sur les entrainements (du week-end !), les week-ends en hiver, le trajet de Suède pour monter et descendre les chiens en voiture jusqu'à Ammarnäs et sur les courses. Pour le quotidien sur les sites d'hiver, c'est une somme de petites tâches qu'il faut réaliser régulièrement pour assurer le bien-être des chiens : nettoyer les niches et boxes, ramasser les crottes, préparer l'hydratation et la soupe, couper les ongles et les poils interdigitaux, vérifier les coussinets, réparer les harnais, aider à la mise à l'attelage, ...
Même si le musher ne le dit pas toujours, une certaine lassitude à toujours faire les mêmes choses, seul, tous les jours, peut parfois peser.Un handler, qui épaule et seconde, coupe ce quotidien et invite également au partage des expériences et à une certaine remise en question des pratiques.
Sur les courses, selon du côté où vous êtes, vous ne percevez pas les mêmes choses et de croiser les éléments permet parfois des choix plus opportuns, une autre vision. Le musher doit pouvoir se reposer à 100% sur son handler. Il ne doit pas se poser de question d'ordre logistique, s'inquiéter si le camion sera bien là à chaque check-point, si les gants seront secs, si les sacs des ravitos sont bien complets ... Le handler pourra aussi conseiller, booster le musher quand la fatigue gagnera, lui fournir des éléments significatifs sur le déroulement de la course (repérer les points d'eau, où dormir au chaud, sa position, ...). Le binôme musher/handler n'est donc pas anodin et une certaine "fidélité" est favorable à l'homogénéité du team. Ce n'est pas indispensable, certains mushers ne connaissent leurs handlers que quelques jours avant la course, mais c'est une valeur ajoutée, du stress en moins.
Ceci étant dit, il faut aussi rendre honneur à ceux et celles que je nommerai ici le handler de "l'ombre" : tous ces conjoint(e)s de musher qui assument et assurent beaucoup de travail au quotidien, dans l'ombre, quand celui-ci s'absente, quand les vieux chiens ou les malades restent à la maison, ... On ne parle que très rarement d'eux mais ils sont pourtant nombreux et discrets (d'ailleurs, cette phrase sonnerait mieux au féminin !).
Comme on vient de le voir, pas de course de mi et longue distance sans handler. Ce dernier est donc un élément à part entière du team et son choix revêt donc une réelle importance.
Pour la Finnmarkslopet, chacun choisissait son propre handler et c'est sans hésiter que j'ai proposé à Manu. Juste parce qu'en dehors du fait qu'il connait les chiens pour en avoir depuis 10 ans (des malamutes, mais nul n'est parfait !), et qu'il a déjà été handler de Jean Philippe Pontier sur la LGO en 2006 et 2007, c'est un ami, un vrai. Celui qui vous écoute des heures quand vous doutez, celui que vous pouvez renvoyer balader quand il déraille sans peur des conséquences, celui qui m'a fait réagir pour enfin passer de l'autre côté et faire une course. Par conséquent, il connait mon super caractère et composera avec. Il saura et n'hésitera pas à me booster ou me rassurer quand il le faudra, ce qui est l'essentiel.
Pour François, ce sera Sam : un ami d'une gentillesse et générosité rares, également musher amateur de son état.
Bref, je pense que ces deux-là risquent de se payer du bon temps pendant que l'on poussera, à moins qu'ils ne le passent à stresser !